vendredi 3 février 2017

Saint Meinrad

Saint Meinrad, fresque d'Einsiedeln

Le martyre du saint

Vie de notre père parmi les saints Meinrad,
( 861 A.D.)
Fondateur de Notre Dame des Ermites
(Einsiedeln)
Fête le 21 janvier/ 3 février

Meinrad (Meinard, Méginard, Meinrard, Moinhard, ou Meginrad) naquit dans la famille des comtes de Hohenzollern.  Il reçut au baptême le nom de Meginrad, qui signifie excellent conseil, qui devint plus tard Meinrad. Après avoir passé dix ou onze ans dans la maison paternelle, le jeune Meinrad fit ses études au monastère bénédictin de Reichenau une île du lac de Constance. Cette île, délivrée par saint Firmin des reptiles qui en étaient les seuls habitants, était devenue agréable et si fertile entre les mains des moines qu’on l’appela Reichenau [riche plaine]. Deux de ses parents Hatto et Erlebald, y furent higoumènes, il y devint donc moine. Reichenau fut une pépinière de moines, d’évêques  et de savants, un foyer de civilisation et de lumière.
Meinrad, grand lecteur des maîtres spirituels, et de saint Jean Cassien en particulier, fasciné par la vie des saints ermites et des Pères du désert, choisit de se consacrer à l’Eglise du Christ. Ordonné diacre en 821, il devint ensuite  prêtre. Erudit, connaisseur des Pères et de la vie spirituelle par ses pieuses lectures, il s’attacha à mettre en pratique ce qu’il avait appris de la tradition monastique de l’Eglise.
Sa pensée profonde pouvait se résumer à ce qu’il dit à ses élèves quand on lui demanda d’enseigner au monastère de Bollengen: « chercher la vérité avec amour, non pour en tirer gloire et honneur dans le monde, mais pour le seul amour de la vérité. »

Mais l’amour de Dieu ardait en lui, et le poussait à rechercher le tête à tête avec son Créateur dans la solitude. En juin 828, il se retira sur le mont Etzel, couvert de sombres et épaisses forêts. Il était alors âgé de 31 ans. Il n’emporta qu’un livre de prières, un enseignement sur l’Evangile, la règle de saint Benoît et les œuvres de son cher Jean Cassien.
Il vécut d’abord abrité par des branches d’arbre et par un mur grossier bâti avec des pierres détachées de la montagne, puis une pieuse veuve d’Alterdorf lui fit construire une cabane et une chapelle. Il passa sept années de sa vie dans ce lieu, mais bientôt son havre de paix fut transformé en lieu de pèlerinage, car on accourait de partout pour le voir et lui demander conseil.
Derrière le mont Etzel, il y avait une épaisse forêt. Il s’y réfugia avec un compagnon moine et un paysan de Bollengen. Ayant trouvé un lieu propice pour sa nouvelle demeure, il s’y arrêta. En chemin, il trouva dans une branche de sapin un nid dans lequel il y avait deux corbeaux, qui devinrent aussi ses compagnons.
La voix de l’Evangile n’avait jamais eut d’écho dans ce lieu sauvage. Edwige, abbesse d'une petite communauté de femmes à Zurich, remplaçant la veuve d'Altendorf, subvint à tous les besoins du pieux solitaire. La tradition rapporte qu’un jour, Meinrad en prières, fut encerclé par une horde de démons, mais qu’un ange apparut qui les chassa. Depuis ce jour, il redoubla de prière et retrouva la bonne odeur d’Adam au Paradis : les bêtes sauvages, aigles, ours, venaient se nourrir dans sa main et ses deux corbeaux se posaient sur ses épaules.
Il participait à la louange du Créateur, à l’unisson avec cette belle nature, et en vérité chaque souffle dans ce Paradis de beauté et de prière, louait le Seigneur, ainsi que le dit le saint Psalmiste David. Meinrad évangélisa progressivement la contrée.
Alors les foules recommencèrent à venir consulter le saint père. Sa renommée s’étendit. Hildegarde, fille de Louis le Germanique, nommée par son père higoumène du monastère de Zurich en 853, ayant entendu parler des vertus de Meinrad, lui fit bâtir une chapelle qui exista jusques en 1798. Meinrad la consacra à la sainte Mère de Dieu et toujours Vierge Marie, et ayant reçu d'Hildegarde une statue de la Très Pure Génitrice de Dieu, il la plaça sur l'autel et les miracles abondèrent; les pèlerins venus vénérer la Mère de Dieu, reçurent des grâces extraordinaires. La chapelle fut alors nommée le Lieu de grâce, et cette statue de la Vierge fut à l'origine du pèlerinage de Notre-Dame-d’Einsiedeln (Notre Dame des Ermites).

Les Petits Bollandistes rapportent qu’un religieux de Reichenau, qui était venu lui rendre visite, raconte qu'une nuit ayant vu la petite chapelle éclairée d'une lumière subite, il était entré et avait aperçu Meinrad agenouillé sur les degrés de l'autel, et à côté de lui un ange soutenant le livre de prières et unissant sa voix à celle du saint.

Tenté par le Diable, deux hommes, l'un qui s'appelait Pierre, venant des Grisons et, l'autre Richard qui était de Souabe, décidèrent de l'assassiner pour lui dérober ses trésors, croyant qu'il en avait d’immenses, imaginant qu’il avait de nombreux dons qu’il recevait de ses visiteurs. Non loin du lac de Zurich, dans une auberge d'Endigen, où plus tard il y eut Rapperswil, ils passèrent la nuit. A l’aube, ils se mirent en chemin vers l'Etzel et se dirigèrent vers la forêt. C'était le 21 janvier 861. Pendant longtemps, perdus,  ils errèrent à travers les bois, car la neige avait recouvert tous les chemins. Cependant le Diable les conduisant, ils se trouvèrent devant l'ermitage de saint Meinrad. A leur approche, les deux corbeaux du saint poussèrent des cris perçants, et se mirent à voler, comme effrayés autour de la cabane, à l’étonnement des deux meurtiers.
Ils arrivèrent à la porte de la chapelle au point du jour; le saint comme à l’accoutumée, avait prié longtemps, avait célébré l’office devant l'image de la Mère de Dieu, et communié aux Saints Mystères du Christ. Les brigands frappèrent à la porte… Meinrad, comme averti par le Ciel de son sort, pria encore avec ferveur, puis il vint leur ouvrir, les reçut cordialement, et leur dit : « Mes amis, si vous étiez venus plus tôt, vous auriez pu assister à l’office.  Entrez et priez Dieu et les Saints de vous bénir. Venez dans  ma cellule, je partagerai avec vous les petites provisions que j'ai encore; vous accomplirez ensuite le projet qui vous a amenés près de moi ».

Les meurtriers entrèrent quelques minutes dans la chapelle; puis, comme s'ils craignaient de voir échapper leur victime, ils s'élancèrent dans la cellule et le mirent à mort cruellement. C’était le 21 janvier 861. Leur sinistre forfait accompli, les deux meurtriers s’enfuient, poursuivis par les corbeaux du saint père Meinrad qui avait rejoint son Maître bien-aimé.
Les deux meurtriers, poursuivis par les corbeaux furent arrêtés. L’higoumène de Reichenau envoya deux moines pour ramener le corps du saint au monastère de l’Ill, mais ils ne purent déplacer la dépouille bénie du martyr. Ils déposèrent alors le cœur du saint dans la chapelle, et purent alors amener ses reliques à Reichenau, où l’on construisit une chapelle en son honneur.

Depuis le temps de son martyre, saint Meinrad poursuit sa mission terrestre depuis le Ciel où il demeure désormais, et les miracles qui sont attribués à son intercession, ne cessent pas. Le pèlerinage à Notre Dame des Ermites, attire toujours les pieux fidèles auprès de la Très Pure Mère de Dieu.

Saint martyr Meinrad, prie Dieu pour nous !

Ton 8

Tropaire à saint Meinrad, martyr,
(Natalice en 861 A.D.)


Rejeton d'une famille de la noblesse,*
Tu quittas le monde pour cheminer vers Dieu.*
Tu allas chercher la paix de Dieu dans l'ascèse,*
Et tu fondas le monastère d'Einsiedeln.*
Tu fus martyrisé, et trouva le Royaume.*
Saint martyr Meinrad intercède pour nos âmes!

*
Claude Lopez-Ginisty