dimanche 14 mai 2017

Saint Roi Sigismond

Vie de notre père parmi les saints 
Sigismond, roi des Burgondes
( 524 A.D.)
Fête le 1/14 mai 

Saint Sigismond était fils de Gondebaud, roi arien des Burgondes. Converti de l’arianisme à la foi orthodoxe grâce à l’influence de Saint Avit de Vienne (Fêté le 5 Février), saint Sigismond montra dès son élévation au trône de Bourgogne (516) un grand souci pour la vie de l’Eglise Orthodoxe.
Dès 513, le roi Gondebaud son père l’avait associé au trône et l’avait fait couronner à Genève. Il fut alors nommé Patrice de l’Empire dans les Gaules, dignité que conféraient les empereurs d’Orient aux princes burgondes, qui ils se glorifiaient d’être les mandataires.
Il réunit des conciles contre les ariens et restaura le monastère de Saint-Maurice d’Agaune. En fait, il y fonda véritablement l’abbaye actuelle qui n’était jusques alors (en 516) qu’un lieu où vivaient de saints ermites dans des cellules séparées.
En 517, il fit convoquer par son zèle le Concile d’Epaone présidé par saint Avit. Il tenta de purger son royaume des poisons du vice et de l’hérésie.
*
Malgré sa piété, saint Sigismond gardait néanmoins la grossièreté et l’impulsivité des mœurs barbares de son époque. Après la mort de sa première épouse, Ostrogothe, fille du roi d’Italie, il s’était remarié avec. L’inimitié était grande entre son fils Sigeric et sa nouvelle épouse. Un jour de fête, le fils reprocha à sa marâtre de porter les vêtements de sa mère défunte. Celle-ci fut transportée de fureur et se mit à inciter Sigismond au meurtre de son fils par des paroles insidieuses. Elle prétendit que Sigeric voulait tuer son père pour s’emparer du royaume.
A cause de cette accusation  calomnieuse de complot, le roi tomba dans le piège de son épouse, et manœuvré par le Malin, il fit étrangler son fils en sa présence. Mais à peine le crime fut-il commis, qu’il se précipita en pleurs sur le cadavre et alla se retirer à Agaune (actuellement Monastère de Saint Maurice en Valais) pour tenter d’expier son péché par une sévère pénitence. La tradition rapporte qu’un vieillard lui dit alors: " C'est sur toi que tu dois pleurer maintenant, toi qui, par suite d'un perfide conseil est devenu un cruel parricide; celui que tu as fait périr innocent, n'a pas besoin qu'on le pleure!" 
Le roi passa de longs jours dans les larmes et les jeûnes pour implorer de Dieu son pardon. Il demanda au Seigneur que Celui-ci lui envoie son châtiment dès cette vie terrestre. C’est pendant ce séjour  au monastère d’Agaune qu’il y fit instituer la louange perpétuelle (Laus perennis) inspirée de la tradition des Acémètes de Saint Marcel de Constantinople. Profitant de l’affaiblissement du royaume burgonde, les princes francs du Nord lui déclarèrent la guerre. Vaincu,  le roi Sigismond s’enfuit et resta en un lieu alors appelé Verrosa (actuel Verrosaz) où il vécut en ermite dans une grotte qui existe toujours.
Il s’était fait couper les cheveux et portait l’habit de moine. Quelques burgondes vinrent le trouver  et lui conseillèrent de se retirer au monastère d’Agaune, mais c’était un piège par lequel on le livrait à ses ennemis. Il  fut capturé alors qu’il cherchait à atteindre le monastère et conduit en Gaule, il fut jeté dans un puits près d’Orléans (France), avec sa femme et ses enfants qui étaient déjà prisonniers de Clodomir, un de ses plus farouches ennemis (1er Mai 524).
Dieu, à la demande suppliante du saint, punit son crime par la révolte de ses sujets, mais il glorifia son repentir  en illustrant son tombeau par des miracles, et il reçut le titre de saint comme le saint roi et prophète David pénitent.
Le corps du saint resta trois ans dans ce puits. Souventes fois, on y vit une lampe illuminant miraculeusement le lieu. Le peuple y accourut alors pour vénérer le saint roi. On y bâtit peu à peu une chapelle, et des maisons s’élevèrent autour de ce sanctuaire, formant un village que l’on appela le Puits de Saint Sigismond ou simplement comme c’est le cas de nos jours, Saint-Sigismond.[1]
Mais c’est à Agaune que le saint devint célèbre. Son corps y ayant été transféré (dans l’actuel Saint-Maurice en Valais), puis en partie à Prague (son chef), il fut vénéré comme un martyr et des miracles nombreux s’accomplirent devant ses saintes reliques. 
Saint Grégoire de Tours qui mourut en 595, donc 71 ans après saint Sigismond, rapporte déjà dans son livre des martyrs et des confesseurs que les fidèles étaient guéris de la fièvre par l’intercession de Saint Sigismond. Il était également réputé pour guérir également les hernies.
Une antique prière éditée avec les œuvres de Saint Grégoire de Tours témoigne de la puissance de cette intercession pour les pieux fidèles atteints de fièvres... 
C'est par un pur don, Seigneur
qu'au nom de ton élu Sigismond, 
par la communion au Corps et au Sang de Jésus-Christ Ton Fils,
 que Tu chasseras de Ton Serviteur N... que voici,
 les frissons et l'ardeur des fièvres, 
et que Tu daigneras lui rendre sa santé première. 
Amen!
*
Ton 4 
Tropaire à saint Sigismond,
Roi de Burgondie et martyr,
(Natalice en 524 A.D.)

Ô Saint Roi Martyr Sigismond par ton exemple* 
Tu nous guides sur le chemin du repentir* 
En nous montrant la miséricorde du Christ* 
Tu ouvres pour nous les portes du Paradis* 
Et nous ramènes dans les bras du Père aimant* 
Intercède auprès du Seigneur de compassion* 
Afin qu’Il accorde à nos âmes le salut!

KONDAKION 
TON 2

A l’instar du Saint Roi et Prophète David * 
Tu souillas ton âme par un ignoble meurtre* 
Mais ayant perdu la grâce de notre Dieu* 
Dans le jeûne et la pénitence tu partis* 
Pour retrouver la voie du Royaume céleste* 
Ton sacrifice au Christ miséricordieux* 
Te réintégras dans l’amour de notre Dieu*
Prie-Le pour qu’Il daigne accorder à nous pécheurs* 
Sa miséricorde et le salut de nos âmes!

*


Acathiste à saint SigismondICI


[1] Ce village existe toujours. Dans l’église se trouve le puits du saint. On en distribue l’eau qui a la vertu de guérir des fièvres. La vénération du saint continue en ce lieu jusques à ce jour. 

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