mercredi 19 avril 2017

Saint Notker le Bègue


Icône récente de saint Notker le Bègue


Vie de notre père parmi les saints
Notker le Bègue
( 912 A.D.)

Fête le 6/19 avril

Saint Notker, surnommé en latin Balbulus [le Bègue] parce qu'il était bègue, naquit vers le milieu du 9ème siècle, à Heiligenau, en Thurgovie d'une famille distinguée, et il fut élevé dans l'abbaye de Saint-Gall, où parvenu à l’âge adulte, il prit l'habit monastique. 

Il fit de grands progrès dans la musique pour laquelle il avait un goût certain. A Saint-Gall, deux écoles de musique coexistaient, l'une dans le monastère, l'autre au dehors: Notker fut chargé du soin de la première. 

Dans ses moments de loisir, il composa divers ouvrages et transcrivit des manuscrits. Ses talents et sa sainteté lui acquirent bientôt une réputation telle que l'empereur Charles le Gros requerrait  souvent son avis dans les affaires difficiles de son royaume. Un officier vint un jour de sa part, pour avoir son avis sur une chose importante. Notker était alors occupé dans le jardin à arracher de mauvaises herbes auxquelles il substituait de bonnes plantes. 
L'envoyé du roi lui ayant fait part de sa commission, Notker,  répondit simplement: "Tu vois ce que je fais, va dire à l'empereur qu'il fasse de même." 

Un jour, l'empereur se rendit à Saint-Gall en personne, pour consulter le pieux moine, qu'il considérait comme son ami et son conseiller spirituel. Le chapelain du prince, homme savant mais orgueilleux, voyant avec jalousie son maître mettre toute sa confiance dans un simple moine, qu'il jugeait ignorant, dit à part soi, en voyant arriver près de lui l'humble père Notker: "Je vais lui poser une question qui montrera son ignorance"  et il lui demanda: "Dis-moi donc, toi qui es si savant, ce que Dieu fait actuellement au Ciel?" 
" Il élève les humbles et abaisse les superbes," répondit simplement le saint moine. Le chapelain, outré par cette réponse qui le ridiculisait, partit immédiatement du monastère; mais son cheval s'étant cabré, il fit une chute qui lui meurtrit le visage et lui cassa un pied. Les moines coururent lui porter secours, et le ramenèrent au monastère pour le soigner.

Mais le mal, loin de s'apaiser, empirait grandement, et on conseilla au blessé de demander les pieuses prières de Notker. Dans son orgueil incommensurable, et encore rancunier pour la réponse que Notker avait faite à sa question impie, il refusa. Mais le mal progressant et la douleur devenant plus vive,  il se rendit enfin à la raison: "Faites venir le serviteur de Dieu, afin qu'il me pardonne et me bénisse, quelque indigne que j'en sois." 
Notker vint auprès de lui,  pria avec ferveur, et le chapelain se sentit immédiatement soulagé. 

Saint Notker naquit au Ciel le 6/19 avril 912, et son corps fut enterré dans la chapelle de Saint-Pierre. Plusieurs miracles opérés à son tombeau lui ont fait rendre un culte public, et sa fête se célébrait, à Saint-Gall, le troisième dimanche après Pâques. 

Le bienheureux Notker est auteur d'un martyrologe tiré en partie de ceux d'Adon et de Raban Maur, et longtemps utilisé dans la plupart des églises d'Allemagne. Outre le martyrologe, il nous reste du saint moine Notker: 

- Un Traité sur les interprètes de l'Ecriture, dans lequel il indique ceux des Pères qui ont le mieux commenté, dans les divers sens, tel ou tel livre de la Bible. Il y donne aussi un catalogue des Actes des Martyrs qui lui paraissent sincères (id est authentiques). 

-Le livre des Séquences au nombre de trente-huit : il entreprit ces compositions pour abréger et donner plus de précision aux cantiques de l'Eglise qui étaient alors très longs. (Il n'était pas l'auteur des séquences, car il déclara, dans ses ouvrages, qu'il avait fait les siennes sur le modèle de celles qu'il avait trouvées dans l'antiphonaire de l'abbaye de Jumièges, en Neustrie). 

- On lui doit  ce chant (en latin, dont nous donnons la traduction) qui remplissait les fidèles d'allégresse, aux fêtes pascales. 

À la Victime pascale, les chrétiens offrent un sacrifice de louanges. 

L'Agneau a racheté les brebis; 
Le Christ innocent a réconcilié les pécheurs avec le Père.

 La mort et la vie se sont affrontées en un duel admirable:
 Le guide de la Vie, bien que mort, règne vivant.
 
Dis-nous, Marie, ce que tu as vu en chemin.
 
J'ai vu le tombeau du Christ vivant
 Et la gloire de Sa résurrection, 

Les anges témoins, le suaire et les vêtements.
 
Le Christ, notre espérance, est ressuscité, 
Il précèdera les siens en Galilée.
 
Nous savons que le Christ est vraiment ressuscité des morts.
 
Toi, Roi vainqueur, aie pitié de nous.
 Amen! 

On lui attribue aussi un chant guerrier qu'entonnaient les armées chrétiennes au Moyen-Age avant de livrer bataille. Le voici : 

Vivants, nous sommes sans cesse menacés par la mort. 
Qui nous assistera, si ce n'est Toi, Seigneur, 
Toi Qui es justement irrité contre nous 
à cause de nos péchés ? 
Nos pères ont espéré en Toi, ô Dieu saint
Et Tu les as sauvés. 
Tu les as sauvés. 
Nos pères T’ont invoqué, ils T’ont Invoqué, 
et Ils n'ont pas été confondus.
 Dieu saint et fort! 
Quand l'âge aura blanchi notre chevelure; 
 quand les années auront brisé nos forces, 
ne nous abandonne pas. 
Dieu saint et miséricordieux, 
ne nous abandonne pas aux amertumes de la mort 

L'origine de ce chant, est singulière: saint Notker, observant des ouvriers qui construisaient un pont au-dessus d'un abîme, fut  si frappé des grands dangers qu'ils encouraient, qu'aussitôt il alla composer pour eux cette belle prière. 

- Divers Hymnes. Quatre sont en l'honneur de saint Etienne, martyr et patron de la cathédrale de Metz. Il étaient adressés à Ruodbert, évêque de cette ville, qui avait été moine de Saint-Gall. 

- Des Ecrits sur la Musique. Ce qu'il en reste se trouve dans la Patrologie latine, LXXXI, col. ~69-1178. 

- Une Vie de saint Gall en vers. 

- Un Traité sur les fractions des Nombres dont il ne reste qu'un fragment, car il s'intéressait aussi aux mathématiques.

-Le Psautier, en langue tudesque, qu'on lui attribue, est plus probablement de l’autre Notker surnommé Labeo (+ 1012)

Saint Notker, prie Dieu pour nous !

Ton 2
Tropaire à saint Notker le Bègue, 
Moine de l'Abbaye de Saint-Gall,
(Natalice en 912 A.D.)
Pieux moine de l'abbaye sacrée de Saint-Gall,*
Tu menas une vie chrétienne de vertus.*
Plongé dans la prière, l'ascèse et le chant,*
Car tu enrichis l'Eglise de tes musiques,*
Et des prières que tu composas pour Elle.*
Saint Notker, prie Dieu pour qu'Il sauve nos âmes!
Claude Lopez-Ginisty

mardi 11 avril 2017

Saint Achive, higoumène d'Agaune


Abbaye aujourd'hui
source/Wikipedia


Vie de notre père parmi les saints Achive,

Troisième higoumène de Saint-Maurice

de 520 à 523 A.D.

Fête le 29 mars/ 11 avril

Lorsque Ynnemod (ou Hymnémode), higoumène du monastère de Grigny (près de Vienne en Gaule) partit, il voulait que le moine Achive lui succède, mais ce dernier refusa et le suivit à Agaune où il se contenta d’abord d’être moine. Mais à la mort d’Ambroise, il fut élu higoumène d’Agaune pour le remplacer. Homme de grande prière, ascète rigoureux, la tradition rapporte que son visage s’illuminait « comme un soleil » lorsqu’il était en oraison.

Saint Achive, prie Dieu pour nous !
Ton 6



Tropaire à saint Achive, higoumène d'Agaune,

(Natalice en 523 A.D.)



Innemod voulait que tu sois son successeur,*

Comme higoumène au saint Monastère d'Agaune*

Mais tu refusas et tu restas simple moine.*

Cependant, tu fus élu à la mort d'Ambroise,*

Et tu devins comme un soleil spirituel.*

Saint Achive, prie le Christ de sauver nos âmes!



*

Claude Lopez-Ginisty

lundi 3 avril 2017

Saint Lupicin


Vie de notre père parmi les saints
Lupicin ( 21 mars/ 3 avril 480)
de Condat
(voir saint Romain au 28 février/12 mars)

dimanche 12 mars 2017

Saints Romain, Lupicin et sainte Yole



Vie de nos pères parmi les saints
Romain ( 28 février/12 mars)
et Lupicin ( 21 mars/3 avril)
de Condat
et leur sœur Yole (Iole)

Saint Romain et Saint Lupicin sont deux frères qui naquirent vers la fin du IVème siècle à Izernore (Ain). 
Romain qui possédait de hautes vertus de charité, et un goût prononcé pour la vie religieuse, renonça au mariage, et alla se mettre sous l’obédience de l’higoumène Sabin, qui était à la tête du monastère d’Ainay, à Lyon. Celui-ci le prenant sous sa houlette, l’initia à la vie monastique.

Vers l’âge de 35 ans, il partit pour les forêts du Mont Jura et s’établit à Condat, où il se construisit un petit ermitage. Là, il consacra son temps à la prière et au travail manuel. Il vécut ainsi dans l’ascèse et la solitude au milieu des bêtes sauvages.

Lupicin, quant à lui, perdit sa future épouse et lorsque son père naquit également au Ciel, il décida de rejoindre son frère Romain dans la solitude orante. Leur vie dans le désert fut rude, car ils subirent maintes fois les assauts des démons, au point qu’ils durent se résoudre à quitter leur lieu d’ascèse. Ils parlèrent de leurs épreuves à une dame charitable qui les avait recueillis, puis rassérénés, et ayant repris force et courage, ils établirent leur lieu de vie au fond d’une gorge, sous un grand sapin. Ce fut autour de ce lieu que se forma progressivement l’abbaye de Condat, car des disciples arrivèrent bientôt et les deux frères dirigèrent ensemble la nouvelle communauté.

Romain était doux et dirigeait ses moines paternellement, alors que Lupicin était assez rigide et ses décisions étaient souvent dures, mais elles étaient adoucies par la charité de Romain. Lupicin dormait sur un banc et mangeait tous les trois jours. Il ne buvait jamais de vin. Les huit dernières années de sa vie, il ne buvait plus du tout, pas même de l’eau. La tradition rapporte que quand il avait soif, il mettait ses mains dans l’eau pour se rafraîchir.
Les disciples devenant de plus en plus nombreux, Lupicin alla avec un groupe de moines fonder un monastère nouveau, à Lauconne. Mais les deux monastères étaient sans cesse sous l’autorité des deux frères, frères selon la chair, mais surtout frères parfaits en Christ.
  
En l’an de grâce 444, Célidoine, évêque de Besançon, fut déposé car il avait épousé une veuve avant le sacerdoce. Saint Hilaire, évêque d’Arles, vint exprès à Besançon rétablir la discipline. Entendant chanter les louanges de  Romain et ses vertus, il le fit venir auprès de lui pour l’ordonner au sacerdoce.
Romain devint si célèbre en ces vertus qui lui avaient valu l’ordination à la prêtrise, qu’il dût bâtir d’autres monastères dans les Vosges et jusques en Allemagne. Parmi eux, était celui établi dans le canton de Vaud qui prit plus tard le nom de Romain-Moutier, puis Romainmôtier (c’est-à-dire le monastère de Romain).

La tradition rapporte que Romain en route pour pérégriner au tombeau de saint Maurice, à Agaune, fut surpris par un fort orage. Il s’abrita alors dans une cabane de lépreux où il passa la nuit sans s’effrayer de l’affreuse maladie de ses hôtes et de sa possible contagion. Au jour levé, il s’en fut vers Agaune. En se réveillant, les lépreux virent qu’ils étaient parfaitement sains et que leur lèpre avait disparu. Reconnaissants, et voulant le remercier, ils coururent après Romain, mais ils ne purent le rejoindre. Alors ils répandirent à l’entour  la nouvelle extraordinaire du miracle.

Romain rédigea une règle monastique tirée de celle des moines de Lérins. Il institua l’interdiction pour ses moines  de manger de la viande.

Sa sœur Yole le rejoignit et fonda un couvent de femmes à la Balme, près de Lauconne. C’est la seule chose que nous sachions de la vie de cette pieuse femme qui suivit ses frères sur la voie du monachisme. C’est  dans son monastère que saint Romain voulut reposer en Christ, et son corps y fut transporté après sa bienheureuse dormition en 460 ou 473. Alors ce monastère où étaient conservées ses saintes reliques prit le nom de Saint-Romain-de-la-Roche.

Lupicin survécut près de vingt ans à son frère et garda la direction de tous les monastères fondés avec lui. Il mourut vers l'an 480 ou 493.

Saint Romain, saint Lupicin, et sainte Yole, priez Dieu pour nous !

Ton 1

Tropaire à saint Romain du Jura,

(Natalice en 460 A.D.)



Admirateur des Pères du désert d'antan,*

Avec ton frère bien aimé saint Lupicin.*

Tu établis dans les montagnes du Jura*

Le très illustre monastère de Condat.*

Et à quelque distance celui de Leucone.*

Saint Romain, prie le Christ d'avoir pitié de nous!

Ton 2

Tropaire à saint Lupicin du Jura,

(Natalice en 460 A.D.)



Frère de saint Romain par la chair et la foi,*

Admirateur des moines des déserts d'Egypte,*

Avec ton Frère bien aimé tu t'établis*

  Comme solitaire dans les monts du Jura.*

Avec lui tu fondas deux monastères saints:*

Les havres sacrés de Condat et de Leucone.*

Saint Lupicin, prie Dieu d'avoir pitié de nous!


Ton 3

Tropaire à sainte Yole du Jura,

(Natalice en 460 A.D.)



Sœur des frères saint Romain et saint Lupicin,*

Tu les rejoignis en Christ, et devins moniale..*

Tu fondas un couvent féminin à la Balme*

  Et le reste de ta vie fut cachée en Dieu.*

Tu vécus discrêtement ascèse et prière,*

Sous le regard bienveillant de l'Ami des hommes.*

Sainte Yole, prie le Seigneur de nous sauver!

*
Claude Lopez-Ginisty




lundi 6 mars 2017

Saint Germain et saint Randoald



Vie de nos pères parmi les saints
Germain 
et 
  
Randoald, 
martyrs
(666 A.D.)
Fête le 21 février/ 6 mars
Germain, fils d'un riche sénateur de Trêves, fut formé par l'évêque de cette ville Modoald [qui participa au Concile de Reims en 624] à la mort de ses parents. A l’âge de 17 ans, ayant disposé de ses biens en les distribuant aux pauvres, il entra d’abord au monastère de saint Romaric dirigé par saint Arnulphe de Metz, puis, sous l'higoumène Waldebert, devint moine de Luxeuil, monastère fondé par Saint Colomban. La chronique de sa vie dit : « soumettant son corps tout entier aux jeûnes, aux veilles et aux prières, vaquant sans cesse à Dieu, il ne se réservait rien à part sa nourriture quotidienne. Son vêtement était on ne peut plus ordinaire; il donnait à tous l'exemple de l'humilité et de la charité: c'est ainsi qu'il allait avec son compagnon dans les forêts couper du bois et le rapportait sur son dos. Il méditait cette sentence du bienheureux Paul : « Celui qui ne travaille pas, qu'il ne mange pas non plus. »
Dans l’ascèse et la prière, il grandit spirituellement, faisant l’admiration de ses frères. Le duc Gondoin, un des principaux seigneurs d'Alsace, voulant fonder un monastère au diocèse de Bâle en un lieu appelé Grandval, fit appel à l'higoumène de Luxeuil et à ses moines. Germain y fut mandé avec quelques moines dont Randoald, et il fut le premier  higoumène de Moutier-Grandval. Il construisit des routes, se dévoua aux pauvres et aux malades et mena une vie agréable à Dieu.
Après plusieurs années de paix, le duc d'Alsace, Cathic, père de la future sainte Odile, homme versatile et cruel, dévasta la vallée de Delémont et la contrée à l’entour. Germain et son prieur Randoald allèrent à sa rencontre, en habits de prêtres et le rencontrèrent dans l'église de Saint Maurice à Courtételle. Ils s'en retournèrent après lui avoir courageusement reproché sa conduite indigne, et lui avoir demandé instamment d’épargner les pauvres et les innocents, sujets de sa vindicte. Il promit, mais ses soldats poursuivirent leurs exactions tandis que Germain et Randoald priaient dans l’église du saint martyr Maurice.
Lorsque les deux moines eurent fini leurs dévotions et qu’ils se mirent sur la route du retour vers Grandval, un des hommes de Cathic avec quelques autres se mit à leur poursuite; ils furent rattrapés et exécutés à coups de lances, le 21 février 666.
Le martyre des saints fut rapporté sobrement par Bobolénus, quelques années seulement après leur martyre.
Des miracles eurent lieu sur la tombe de saint Germain et sur les lieux de son martyre. L'année suivant sa naissance au Ciel, la veille du jour de la naissance de Notre Seigneur Jésus-Christ, « une lumière si grande et si brillante descendit du ciel à l'endroit où reposait le corps mutilé du bienheureux que tous furent remplis d'admiration et saisis d'une grande terreur.«
Saints martyrs Germain et Randoald, priez Dieu pour nous !
*
Ton 5
Tropaire de saint Germain
et de saint Randoald, martyrs,
(Natalice en 666 A.D.)

Tous deux moines, envoyés de Luxeuil à Grandval*
Vous avez grandi dans la prière et l'ascèse.*
Vous opposant dignement à un tyran,*
Qui maltraitait vos brebis et semait la mort, *
Vous avez subi traîtreusement le martyre*
Saints Germain et Randoald, priez Dieu pour nous!
*
 

 Reliquaire de saint Germain
Reliquaire de saint Randoald
Eglise paroissiale de Delémont
*
Claude Lopez-Ginisty